Retour au sommaire
 
 
Idées
La surmortalité des chômeurs

Risque de mortalité des inactifs et des personnes au chômage en 1990, comparé au risque des actifs ayant un emploi, sur la période 1990-1995

HommesFemmes
Actifs occupés11
Inactifs5,12,5
Chômeurs3,11,9
Source : Insee
Lecture : entre 1990 et 1995, les hommes de 30 à 64 ans, chômeurs en 1990, ont, à tout âge, une probabilité de décès 3,1 fois plus élevée que les actifs occupés du même âge.

Lorsqu’un homme devient chômeur, cinq ans après, il a trois fois plus de risques de décéder qu’un homme actif occupé. Les femmes chômeuses, elle n’ont "que" deux fois plus de risques de mourir que les actives occupées. Cela ne signifie pas, heureusement, qu’il existe une mécanique macabre de la perte d’emploi au cercueil ! Deux phénomènes expliquent cette surmortalité. Tout d’abord, il existe davantage de personnes fragiles au chômage (malades, invalides ou handicapées) que dans la population en général. Mais le chômage a aussi une influence sur la santé. Les faibles revenus, l’exclusion sociale, s’ajoutent aux angoisses, à la dépression, et freinent le recours au soin des personnes au chômage, et ce d’autant plus que la période d’inactivité s’allonge. Pour les femmes, les inégalités entre inactives et actives et moins flagrante car on compte, parmi les inactives, beaucoup de femmes au foyer et moins de personnes malades que chez les hommes. En revanche, les femmes modestes, sans diplôme, sans qualification et inactives depuis toujours, ont 2,5 fois plus de risque de décéder que les femmes diplômées et actives.