| Individus connectés à Internet à domicile selon la catégorie sociale, en % |
| CSP | 2003 | 2004 | Evolution |
| Indépendants | 41 | 49 | +8 |
| Cadres | 66 | 76 | +10 |
| Professions intermédiaires | 53 | 57 | +4 |
| Employés | 32 | 34 | +2 |
| Ouvriers | 21 | 27 | +6 |
| Retraité | 8 | 12 | +4 |
| Total | 31 | 36 | +5 |
| Source : Crédoc, données de juin 2004 disponibles sur le site de l’ART |
L’accès à Internet à domicile est loin d’être généralisé dans notre société, contrairement à ce que laissent penser de nombreux discours. Au total, un tiers de la population y avait accès en juin 2004 (dernière donnée disponible). Seulement un gros quart des ouvriers contre les trois quarts des cadres étaient connectés. Quand au haut-débit, c’est encore l’apanage d’une toute petite minorité : 18 % mais 43 % des cadres. Entre juin 2003 et juin 2004, les inégalités sociales se sont encore accrues en la matière, le taux d’équipement augmentant de 10 points chez les cadres contre 2 points chez les employés...
Plus on est diplômé, plus on est à l’aise avec ce nouveau moyen d’information et d’échange : 11 % de ceux qui ont au mieux le certificat d’étude sont connectés à domicile, contre les deux-tiers des diplômés du supérieur. Cet écart accroît, par exemple, l’inégalité entre les élèves dont les parents sont ou ne sont pas connectés, à qui l’on demande de plus en plus de se servir de cet outil à domicile. Au-delà, les références permanentes à la "toile" comme source d’informations et de services (parfois publics) ne peut qu’accroître le ressentiment d’une partie de la population qui n’y a pas accès. Reste, comme le note Fabien Granjon (voir "Comment résorber la fracture numérique"), que les inégalités se logent aussi, comme pour le livre, dans l’usage qui est fait de ce nouvel outil.