Retour au sommaire
 
 
Idées
Ecole, l’enjeu démocratique

par Jean-Pierre Terrail, Ed. La dispute, 2004, 58 p., 11 €.

L’école donne lieu à profusion d’ouvrages, le plus souvent de qualité très moyenne. Ce n’est pas le cas du livre de Jean-Pierre Terrail. Son essai pose la question essentielle : comment sortir « par le haut » des difficultés que rencontre actuellement l’école. En la démocratisant plutôt qu’en abolissant le collège unique pour revenir aux filières d’antant : « Les victimes potentielles du retour au tri précoce sont en réalité les élèves en difficulté », rappelle-t-il justement. Peu nombreux sont en effet ceux qui se soucient réellement de cela. La proposition majeure de l’ouvrage est de montrer que, bien formés à la lecture, les enfants de toutes les couches sociales doivent pouvoir réussir dans l’école d’aujourd’hui, contrairement à ce qui est actuellement le cas. Et l’auteur de détailler comment l’école finit par « donner moins à ceux qui ont moins ». Jean-Pierre Terrail insiste avec justesse sur l’importance dans la réussite scolaire des apprentissages précoces. Il ouvre de très nombreuses pistes de réduction des inégalités (rôle des enseignants, démotivation des élèves, inefficacité du redoublement, apprentissage trop précoce de la lecture, etc.). Même s’il se défend de vouloir « revenir aux blouses grises », il critique fortement les nouvelles méthodes pédagogiques (notamment en matière d’enseignement de la lecture) et les rend, pour une bonne part, responsable de l’échec scolaire. Certes, il a raison quand innovation signifie enseignement au rabais, mais est-ce si souvent le cas ? N’est-on pas plutôt, comme pour le collège unique, en train de profiter de la vague pour remettre en cause des dispositifs qui justement sollicitent plus « l’intelligence que l’obéissance, l’appropriation plutôt que l’inculcation », l’un des travers majeurs du système scolaire à la française, dont savent tirer profit les enfants du haut de l’échelle sociale ?