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Idées
A chacun son espace

Surface moyenne par personne (actifs)
Catégorie sociale Surface
Agriculteurs exploitants 39,4
Artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales 39,2
Cadres supérieurs (hors professions libérales) 37,3
Professions intermédiaires 33,8
Employés 31,6
Ouvriers qualifiés 27,8
Ouvriers non-qualifiés 26,1
Source : Insee, enquête logement 2002

Les inégalités face au logement sont aisées à comprendre : plus le revenu s’élève, plus on peut se loger confortablement. En moyenne, les ouvriers non-qualifiés disposent de 26 m2 par personne contre 39 m2 chez les artisans et commerçants. Plusieurs paramètres bousculent le lien revenu/confort du logement. Il y a d’abord le lieu d’habitation : les salaires ne suivent pas exactement les prix de l’immobilier et une partie des catégories moyennes est allée chercher en dehors des centres-villes des logements plus confortables (phénomène de péri-ubanisation). L’âge joue aussi : à revenus équivalents, celui qui a pu accumuler et notamment a achevé de rembourser les emprunts liés à l’achat du logement dispose d’un niveau de vie supérieur. Enfin, les politiques publiques compensent pour les plus démunis une partie du coût du logement, pas toujours dans les meilleures conditions d’habitat.

Le départ d’une partie des couches moyennes de l’habitat social a contribué à accroître la ségrégation spatiale et fait du lieu d’habitation une composante de plus en plus marquante de la condition sociale et le choix du logement un facteur de la mobilité sociale (choix des écoles, sociabilité de voisinage, etc.). Si les cités HLM ne sont pas les ghettos souvent décrits, la vie n’y est pas toujours facile : de par la qualité des logements (insonorisation, espaces communs, etc.), leur environnement (transports, commerces, services publics, etc.) et les conflits engendrés au quotidien par la cohabitation de milliers de familles réunies dans un espace étroit. Une vie en tous cas très différente de celle de l’habitat des maisons individuelles.