Retour au sommaire
 
 
Idées
Hommes-femmes : le rattrapage interrompu

Salaire moyen des femmes à temps plein rapporté à celui des hommes, en %
Année % Année %
1951 64,9 1976 69,1
1952 64,6 1977 70,0
1953 64,6 1978 70,6
1954 66,5 1979 72,0
1955 65,4 1980 72,3
1956 64,3 1981 72,7
1957 63,3 1982 73,1
1958 63,6 1983 73,8
1959 63,4 1984 74,2
1960 64,3 1985 74,3
1961 63,9 1986 74,3
1962 64,4 1987 74,1
1963 64,7 1988 74,5
1964 64,1 1989 74,9
1965 64,1 1990 75,1
1966 64,1 1991 75,4
1967 64,6 1992 76,0
1968 66,3 1993 * 78,4
1969 66,6 1994 80,5
1970 66,7 1995 81,3
1971 66,3 1996 81,0
1972 66,6 1997 81,4
1973 66,4 1998 81,6
1974 67,1 1999 81,7
1975 68,4 2000 81,6
Source : Insee. Attention rupture de série en 1994

En 50 ans, les salaires des femmes ont rattrapé une partie de leur retard sur celui des hommes. En 1950, les femmes percevaient en moyenne les deux-tiers des salaires masculins, en 2000, elles ont dépassé les 80 %.

Au passage, on notera que le processus s’est effectué pour une bonne part en une dizaine d’année, de 1972 à 1993 et qu’il est bloqué depuis le milieu des années 90 (la série connaît une rupture méthodologique en 1994).

Deux grandes raisons expliquent le rattrapage. Tout d’abord, les discriminations purement liées au sexe (difficiles à mesurer) ont diminué : la généralisation du travail salarié des femmes banalise leur emploi, au moins dans certains secteurs (droit, médecine et communication par exemple).

Mais surtout, cette diminution résulte de l’égalisation des scolarités qui conduit à une élévation du niveau de qualification des femmes. A noter : il s’agit de salaires en équivalents temps plein, et donc pas de " véritables " revenus salariaux des femmes. Prendre en compte le temps partiel, beaucoup plus souvent féminin, ferait nettement diminuer ce rapport.

Ensuite, l’ampleur de l’écart reste considérable : faudra-t-il encore attendre 50 ans pour atteindre une réelle parité ? Les femmes demeurent à l’écart des postes de responsabilité les mieux rémunérés, souvent employées pour les qualités qu’on leur reconnaît comme " naturelles " (les relations sociales, la communication, etc.).