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Emploi et chômage
La précarité généralisée

Le statut des salariés
Intérimaires 428 2,0%
CDD 1 987 9,2%
Apprentis 273 1,3%
CDI du privé 14 299 66,4%
Fonctionnaires
(ou apparentés)
4 540 21,1%
Salariés 21 527 100%
Source : Insee, enquête emploi 2003
12,5 % des salariés ne disposent que d'un statut précaire, qu'ils soient intérimaires, apprentis ou surtout en contrat à durée déterminée, ce qui représente 2,7 millions de personnes. Cela signifie que toute une part de la population ne dispose que de revenus aléatoires, des horizons de vie de court terme, avec toutes ses contraintes en terme de ressources bien sûr, mais aussi de logement ou de vie de famille.

En réalité, la précarité s'est étendue bien au-delà des salariés en statut précaire. Certes, la très grande majorité des 4,5 millions de fonctionnaires disposent d'une garantie presque absolue d'emploi. Mais, parmi les 14 millions de salariés en contrat à durée indéterminée (les deux tiers des salariés) toute une partie sait qu'elle peut être licenciée du jour au lendemain ou presque, avec de faibles chances de retrouver rapidement un emploi. Cette incertitude sur l'avenir, qui pèse surtout sur les moins qualifiés, est l'une des transformations majeures de notre société.

Chômage, âge et sexe

Taux de chômage selon l'âge et le sexe, en %
Ensemble 9,9
15-29 ans 16,9
30-49 ans 8,6
50 ans et plus 7,1
Hommes 8,8
15-29 ans 15,9
30-49 ans 7,1
50 ans et plus 6,8
Femmes 11,2
15-29 ans 18,9
30-49 ans 10,4
50 ans et plus 7,4
Source : Insee, enquête emploi 2003
Note : le taux de chômage des jeunes ne porte que sur les jeunes actifs, non l'ensemble des jeunes de 15 à 29 ans

Le chômage frappe d'abord les plus jeunes : en raison de leur inexpérience, mais aussi de leur arrivée dans une période plus difficile ou chacun s'accroche à son emploi. Même avec des salaires inférieurs, l'entrée dans le monde du travail reste un parcours d'obstacle, souvent fait de stages nombreux et de périodes de précarité (intérim, CDD, etc.).

Chômage et diplôme

Taux de chômage selon le diplôme
Sans diplôme ou CEP 15,1
BEPC, CAP, BEP 9,4
Baccalauréat 8,5
Bac + 2 6,2
Diplôme supérieur 7,3
Source : Insee, enquête emploi 2003

Très peu de catégories ont été épargnées par le chômage, soit directement, soit parce qu'un conjoint, un parent ou un ami a été touché. Mais tout le monde ne rencontre pas les mêmes difficultés. La hiérarchie des taux de chômage suit d'abord fidèlement celle du diplôme qui joue dans notre pays un rôle essentiel pour s'ouvrir les portes des entreprises. Le taux de chômage des non-diplômés est presque trois fois plus élevé que celui de ceux qui disposent d'un diplôme supérieur à bac +2.

Chômage et catégories sociales

Catégories sociales
Cadres,
professions intelleturelles supérieures
3,8
Prof. Intermédiaires 5,4
Employés 10,5
Ouvriers 11,4
Source : Insee, enquête emploi 2002.

Le taux de chômage des catégories sociales suit logiquement leur niveau de diplôme. Tous les milieux sociaux ne subissent pas de la même façon les conséquences du manque de création d'emplois. Les cadres et professions intermédiaires sont quasiment au plein emploi alors que le taux de chômage des ouvriers et employés est deux fois plus important. Dans ce contexte, le taux de chômage moyen n'a qu'une portée limitée...

Les emplois interdits

Notaires, médecins, avocats... Environ 1,2 million d'emplois sont interdits aux étrangers (hors Union européenne) en France. Cette interdiction est une véritable barrière à l'intégration. Elle a été décrite dans le rapport Brunhes* sur les emplois du secteur privé fermés aux étrangers, rendu en 1999. Depuis, rien. Le nouveau "Contrat d'intégration" qui doit se mettre en place l'an prochain, ne semble pas prévoir d'élargir les conditions d'accès à l'emploi des étrangers

* Rapport disponible sur le site du Gisti .

Les métiers selon le sexe

Actifs occupés selon le sexe et la catégorie socioprofessionnelle,
en milliers et en %, 2002
Femmes Hommes Part des femmes en % % de la population féminine occupée
Agriculteurs 206 431 32,4 1,9
Artisans 159 524 23,3 1,5
Commerçants et assimilés 243 376 39,2 2,2
Chefs d'entreprises de 10 salariés ou plus 18 103 14,5 0,2
Professions libérales 117 194 37,6 1,1
Cadres de la Fonction publique 122 218 35,9 1,1
Professeurs, professions scientifiques 435 347 55,6 4,0
Professions de l'information des arts et spectacles 92 116 44,4 0,9
Cadres administratifs et commerciaux d'entreprise 380 623 37,9 3,5
Ingénieurs, cadres techniques d'entreprises 136 737 15,6 1,3
Instituteurs et assimilés 509 281 64,4 4,7
Professions intermédiaires de la santé et travail social 791 234 77,2 7,3
Clergé 2 12 11,5 0,0
Professions intermédiaires administratives de la Fonction publique 208 191 52,2 1,9
Professions intermédiaires administratives et commerciales d'entreprises 721 698 50,8 6,6
Techniciens 134 834 13,8 1,2
Contremaîtres, agents de maîtrise 51 484 9,6 0,5
Employés civils, agents de services de la Fonction publique 1558 449 77,6 14,4
Policiers et militaires 54 438 11,0 0,5
Employés administratifs d'entreprise 1712 409 80,7 15,8
Employés de commerce 678 240 73,8 6,3
Personnel de services directs aux particuliers 1295 178 87,9 11,9
Ouvriers qualités de type industriel 236 1296 15,4 2,2
Ouvriers qualités de type artisanal 130 1367 8,7 1,2
Chauffeurs 31 557 5,3 0,3
Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 35 396 8,2 0,3
Ouvriers non qualifiés de type industriel 434 750 36,7 4,0
Ouvriers non qualifiés de type artisanal 287 446 39,1 2,6
Ouvriers agricoles 63 173 26,7 0,6
Militaires du contingent 2 0,0 0,0
Ensemble 10838 13103 45,3 100,0
Source : Insee, enquête emploi 2002
Les femmes exercent de plus en plus souvent des emplois rémunérés, mais ni dans les mêmes secteurs que les hommes, ni aux mêmes postes. Un blocage de la société empêche une réelle parité, impliquant une représentation égale d'hommes et de femmes dans tous les métiers et secteurs. Au contraire, le marché du travail s'est organisé, et continue de fonctionner sur un mode séparatiste, entérinant le modèle « traditionnel » de qualités « typiquement » ou « naturellement » féminines d'une part et de la soumission à l'autorité masculine d'autre part.

L'activité des femmes est inégalement répartie selon les catégories socioprofessionnelles. Sur-représentées dans les professions incarnant les « vertus féminines » (communication et don aux autres) et de niveau hiérarchique limité : services aux particuliers, employées, professions intermédiaires de la santé et du travail social, instituteur/trices et professeur(e)s. Elles sont par contre toujours peu nombreuses dans les professions incarnant les « vertus viriles » (force et technicité) ou hiérarchiquement élevées : ouvrier(e)s qualifié(e)s, chauffeur(e)s, policier(e)s, militaires, chefs d'entreprise, ingénieurs et cadres techniques d'entreprise.

De même, la présence de femmes varie selon les secteurs d'activité : largement majoritaires, à 71,8%, dans le secteur de l'éducation-santé-action sociale, et dans une moindre mesure dans les activités financières, immobilières, les services ou l'administration, elles se raréfient dans les industries, l'énergie ou les transports et ne sont plus que 9,7% dans la construction

Chômage et nationalité
Taux de chômage et nationalité
  15-24 ans 25-49 ans 50 ans et + Ensemble
Français 19,9 7,6 5,6 8,3
Etrangers 28,8 18,9 15 18,4
dont Union européenne 8,3 7,6 7 7,4
dont Non UE 36,6 25,1 22,1 25,1
Ensemble 20,2 8,3 6,3 8,9
Source : Insee, enquête emploi 2002
Le chômage frappe beaucoup plus durement les étrangers que les français : en moyenne, un quart des actifs non-ressortissants de l'Union européenne sont demandeurs d'emploi contre 9 % de l'ensemble de la population active et 8,3 % des Français. Chez les jeunes actifs, le taux de chômage atteint 36 % ! Une partie de cette différence tient au niveau de diplôme : les étrangers sont moins qualifiés en moyenne que les français (pour certains leurs diplômes ne sont pas reconnus). Mais une partie - qui n'est pas aisée à définir - tient aussi à de la discrimination pure. Les inégalités s'accumulent : il ne fait vraiment pas bon être une jeune femme étrangère sur le marché de l'emploi en France aujourd'hui.
200 000 chômeurs sur le carreau

L'accord sur le « retour à l'équilibre » du régime d'assurance chômage signé le 20 décembre 2002 par le Medef, la CFDT, la CGC et la CFTC refait parler de lui. Le système d'indemnisation new look s'appliquera dès janvier 2004 aux personnes qui étaient déjà indemnisées au 1er janvier 2003, date de l'entrée en vigueur du nouvel accord. Selon les estimations, entre 150 000 à 250 000 chômeurs perdront leurs allocations. 500 000 verront leur durée d'indemnisation amputée de un à sept mois d'ici 2005.

Pour rappel, la durée d'indemnisation a sensiblement plongé avec l'accord de janvier 2003 : de 30 à 23 mois pour les moins de 50 ans et de 45 mois à 23 mois minimum pour les 50-55 ans. Pour pouvoir bénéficier d'une allocation jusqu'à la retraite, il faut désormais patienter jusqu'à 57 ans au lieu de 55 ans. Les salariés précaires se voient exiger 6 mois de cotisation contre 4 auparavant, même si ils disposent désormais de 22 mois au lieu de 18 pour y parvenir. Les plus de 50 ans dont la durée d'indemnisation est au moins de 45 mois sont eux épargnés par la nouvelle législation.