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Le taux de chômage des sans diplôme est deux fois plus élevé que celui de ceux qui disposent d’un niveau au moins égal à bac +2. Certes, aujourd’hui tout le monde est concerné : on compte 8,3 % de chômeurs chez ceux qui ont un diplôme supérieur à bac +2. Mais le diplôme n’en demeure pas moins l’arme essentielle pour s’en sortir dans notre société, que se soit pour entrer sur le marché du travail ou progresser ensuite. La situation est particulièrement dramatique pour ceux qui sortent du système scolaire sans qualification dans un système qui survalorise le diplôme par rapport à l’expérience personnelle.

Taux de chômage selon le diplôme
4e trim. 20024e trim 2003
Sans diplôme ou CEP 13,9 15,3
BEPC, CAP, BEP 8,8 9,4
Baccalauréat 9,0 9,5
Bac + 2 5,8 6,4
Diplôme supérieur 6,9 8,3
Source : Insee, enquête emploi 4e trimestre 2003


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Taux d’accès à la formation continue
Selon le niveau d’étude
Taux d’accèsPart dans la population
Bac + 3 et plus 51,3 %9,6 %
Bac + 2 46,8 % 10,9 %
Bac 36,8 % 13,2 %
CAP, BEP 25 %28,6 %
BEPC 25,9 % 7,2 %
Certificat d’étude ou aucun diplôme12,9 % 30,3 %
Non réponse 19,3 % Ns
Ensemble 27,8 % 100 %
Selon les catégories socio-professionnelles
Taux d’accèsPart dans la population
Agriculteurs exploitants12,4 %2,8 %
Artisans, commerçants, chefs d’entr.16,3 %6,8 %
Cadres, prof. intel. supérieures53,8 % 12,5 %
Professions intermédiaires 48,8 % 21,1 %
Employés 32,3 % 28,9 %
Ouvriers 21,3 % 27,5 %
Total33,8 % 100 %
Source : Céreq, période janvier 1999 à février 2000

L’idée d’une « seconde chance » n’a pas fait son chemin dans un pays où le diplôme initial joue un rôle central dans la détermination des positions sociales des individus. Tout se passe comme si les catégories les plus diplômées avaient mis en place une sorte de « protectionnisme » de leurs titres scolaires. Celui-ci est renforcé par des parcours de formation qui accroissent les inégalités : la France est l’un des pays d’Europe où la formation continue est la moins développée, mais aussi où la formation profite le plus aux plus formés...

Le taux d’accès est croissant avec le niveau de diplôme : seuls 13 % de ceux qui n’avaient aucun diplôme ou au mieux le certificat d’étude primaire (30 % de la population étudiée) ont eu accès à la formation en 2000, contre 51 % des bac + 3 (9,6 % de la population étudiée). Ce à quoi il faudrait ajouter les différences entre les types de formation suivis : l’« accès » à la formation ne renseigne pas sur les modalités et la longueur des enseignements.

L’accès à la formation demeure très différencié suivant les catégories sociales. Plus de la moitié des cadres supérieurs y ont eu accès en 2000, contre un cinquième des ouvriers et un employé sur trois. Ce qui signifie qu’au fil de leur vie active, au lieu de se rapprocher, les catégories sociales, en matière de qualifications, s’éloignent.