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Pays

Population en 2001

(en milliers)

Espérance de vie à la naissance

(hommes et femmes confondus)

2000

2001

Afghanistan

22 473

42,8

42,3

Afrique du Sud

43 791

51,2

49,0

Allemagne

82 006

78,0

78,2

Angola

13 527

36,4

36,1

Brésil

172 558

68,4

68,7

Chili

15 401

76,1

76,3

Chine

1 292 378

70,8

71,2

Côte d’Ivoire

16 348

46,2

45,9

France

59 452

79,1

79,3

Gabon

1 261

59,1

59,3

Inde

1 025 095

60,6

60,8

Indonésie

214 839

65,4

65,9

Italie

57 502

79,1

79,3

Japon

127 334

81,3

81,4

Mali

11 676

45,0

45,2

Maroc

30 430

69,3

69,4

Pakistan

144 971

61,2

61,3

Royaume uni

59 541

77,0

77,5

Russie

144 663

65,2

65,2

Sierra Leone

4 587

32,8

34,2

USA

285 925

76,8

77,0

Source : OMS

Dans certains pays riches, on peut vivre deux fois plus longtemps que dans les pays où l’espérance de vie est la plus faible. Celle-ci se situe en effet au-dessus de 75 ans dans plusieurs pays, la palme revenant au Japon (81,4 ans en 2001)*. La France se situe parmi les pays qui disposent de la longévité la plus élevée avec 79,3 ans en 2001. Dans presque tous les pays développés elle augmente assez nettement.

L’espérance de vie croît également dans les pays émergeants (Amérique du Sud, Maghreb, Chine, Inde…) bien que l’écart avec les pays les plus riches reste plus marqué. Les disparités entre ces pays sont aussi plus importantes, la fourchette étant de 60 à 77 ans.

La fin d’une inégalité particulièrement insupportable ? Ce serait oublier les pays les plus pauvres… Et là, la différence est vraiment cruelle. C’est en Afrique, continent ravagé par les guerres et les épidémies (particulièrement le Sida) que l’espérance de vie est la plus faible : Au mieux de 59,3 ans au Gabon, elle est de 36,1 ans en Angola et de 34,2 ans au Sierra Leone. Ces chiffres sont ceux que la France connaissait en 1800… Plus grave encore, contrairement au reste du monde, l’espérance de vie décroît dans de nombreux pays africains, parfois de manière spectaculaire : -2,2 ans en Afrique du Sud entre 2000 et 2001.

* chiffres hommes-femmes confondus, sachant que les femmes vivent plus longtemps que les hommes.


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La sous-alimentation dans le monde
Zone Population totale
(millions)
personnes sous-alimentées
(en millions en 99/01)
pourcentage de la population totale
Asie et Pacifique 3 204,8 505,2 16
Afrique subsaharienne 603,0 198,4 33
Amérique latine et Caraïbes 512,0 53,4 10
Proche-orient et Afrique du Nord 392,4 40,9 10
Pays en transition 411,8 33,2 8
Pays développés 1 093,0 10 1
MONDE 6 217,0 841,1 13,5
Source FAO

On meurt encore de faim dans le monde du XXIème siècle, et ce malgré les déclarations d’intentions de organismes internationaux et les efforts menés sur le terrain. La faim accompagne bien sûr la pauvreté, et c’est donc en Afrique subsaharienne que le pourcentage de personnes sous-alimentées est le plus fort (33%). De manière générale, les pays affaiblis par les guerres ou les pandémies (particulièrement de SIDA), ceux frappés par les catastrophes naturelles ou la dégradation de l’environnement, les épidémies de maladies des animaux ou des plantes, ne sont pas en mesure de nourrir toute leur population.

Au sommet mondial de l’alimentation en 1996, l’engagement a été pris de réduire de moitié (soit de 400 millions) le nombre de personnes sous-alimentées en 2015 au plus tard. Lors du sommet de 2002, le constat est déjà pessimiste : l’objectif ne serait atteint qu’avec 45 ans de retard. L’engagement pour 2015 a pourtant été renouvelé... Un an plus tard, il faut se rendre à l’évidence : les derniers chiffres, publiés dans le rapport annuel de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur l’état de l’insécurité alimentaire en 2003 montrent une augmentation de 18 millions du nombre de personnes souffrant de la faim dans les pays en développement entre les périodes 1995-1997 et 1999-2001. L’objectif pour 2015 ne pourra pas être tenu, la faim regagne du terrain dans certains pays. Pour enrayer ce processus, les moyens nécessaires suivront-ils ? Il faudrait un effort réel de la communauté internationale (les prêts consentis par les institutions financières internationales pour l’agriculture ont diminué de 50% entre 1996 et 2002) mais aussi des gouvernements nationaux, parfois peu soucieux de servir l’intérêt général.

Près de 270 000 femmes d’Afrique et 217 000 d’Asie meurent chaque année au cours de leur grossesse ou de leur accouchement, indique une étude de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé (1). Les inégalités mondiales sont considérables : le taux de mortalité maternelle (nombre de décès de femmes liés à leur maternité rapporté à celui des naissances vivantes) atteint 28 pour 100 000 en Europe, contre 1 000 pour 100 000 en Afrique.

Si le Vieux Continent connaissait les conditions de mortalité maternelle de l’Afrique, le nombre de morts chaque année s’établirait à plus de 70 000 ! On ne peut qu’être surpris par l’absence de mobilisation de la communauté internationale vis-à-vis de ce type de fléau, mis en évidence depuis des années.

(1) Voir les principaux résultats dans "Comment mesurer la mortalité maternelle dans les pays en développement", Population et sociétés n° 372, Ined octobre 2001.

Pays

Population totale (000) en 2001

Taux de fertilité

Mortalité en dessous de 5 ans (pour 1000)

 

H

F

Afghanistan

22 473

6,8

252

249

Allemagne

82 006

1,3

5

4

Angola

13 527

7,2

306

279

Brésil

172 558

2,2

47

40

Chine

1 292 378

1,8

34

40

France

59 452

1,8

5

4

Gabon

1 261

5,4

93

86

Inde

1 025 095

3,1

89

98

Japon

127 334

1,4

5

4

Mali

11 676

7,0

229

218

Maroc

30 430

3,1

58

55

Pakistan

144 971

5,2

105

115

Sierra Leone

4 587

6,5

328

298

USA

285 925

2,0

9

7

Source OMS, rapport mondial sur la santé 2003

 

Une des causes de l’inégalité d’espérance de vie entre les pays - et l’une des manifestations les plus graves de l’inégalité tout court - réside dans le taux de mortalité infantile : elle peut dépasser les 300 pour 1 000 dans les pays les plus pauvres, contre environ 5 pour 1 000 dans les pays développés. Les pays où la mortalité infantile est la plus élevée sont aussi, souvent, ceux qui ont le taux de fertilité le plus élevé : la pauvreté, la malnutrition, le manque de médicaments et de soins va de pair avec l’absence de régulation des naissances. Si dans l’ensemble des pays du globe, la mortalité des petites filles est légèrement plus faible que celle des petits garçons, trois pays parmi les plus peuplés au monde ont, à l’inverse, une surmortalité des petites filles : la Chine, l’Inde et le Pakistan. L’infanticide des petites filles est encore d’actualité...

Les niveaux de développement humain par grande région
Régions du mondeEspérance de vie à la naissance (années)Taux d’alphabétisation des adultes, en % des 15 ans et +)Taux brut de scolarisation des moins de 24 ans (%)PIB par habitant, en dollarsIndicateur de développement humain
Tous Pays en développement64,676,7604 0540,663
Pays les moins avancés50,652,5431 3070,446
Pays arabes66,363,3605 0690,651
Asie de l’Est et du Pacifique69,890,3654 7680,740
Amérique latine et Caraïbes70,588,6817 2230,777
Asie du Sud63,257,6542 6580,584
Afrique Sub-saharienne46,363,2441 7900,465
Europe centrale et orientale et CEI69,599,3797 1920,796
OCDE77,1..8724 9040,911
Pays de l’OCDE à revenu élevé78,3..9329 0000,935
Source : Rapport mondial sur le développement 2004 du PNUD . Données 2002

En 2002, l’indicateur de développement humain (IDH) des pays développés atteint 0,935, celui des pays les moins avancés 0,446. Cet indicateur développé par le Programme des Nations Unies pour le Développement cherche à mesurer la qualité de la vie dans le monde. Il intègre la richesse monétaire (le Produit intérieur brut), mais aussi la santé et le niveau d’éducation.

La santé est mesurée par l’espérance de vie à la naissance : elle est de 50,6 ans en moyenne dans les pays les moins avancés, de 78,3 ans dans les pays de l’OCDE à revenu élevé. L’éducation prend en compte deux éléments : le taux d’alphabétisation des adultes (pour 2/3) et le taux brut de scolarisation qui intègre les études secondaires et supérieures (pour 1/3). Près de la moitié des adultes des pays les plus pauvres ne sont pas alphabétisés et 43 % des moins de 24 ans sont scolarisés.

En matière de développement humain, l’écart entre les pays arabes et l’Asie de l’Est est, par exemple, significatif : le PIB/habitant des pays arabes est plus élevé mais le taux d’alphabétisation plus faible. L’existence d’inégalités dans le pays nuit au développement de l’ensemble de la population.

Enfants souffrant de privations graves dans les pays en développement, en % et en millions d’enfants, en 2004
Paramètres% d’enfantsEn millions d’enfants
Logement : Plus de 5 personnes par pièce ou sol en terre battue33,9640
Assainissement : Pas de toilettes à proximité ou à l’endroit où ils habitent30,7500
Eau : à proximité, uniquement de l’eau de surface non protégée21,1400
Information : pas d’accès à la radio, télévision, téléphone, ou aux journaux (enfants âgés de plus de 3 ans)16,1300
Nutrition : statut nutritionnel de loin inférieur à la norme (enfants âgés de moins de 5 ans)16,190
Santé : pas de vaccination, pas de soins contre la diarrhée 14,2270
Education : jamais d’école (enfants âgés de 7 à 18 ans)13,1 140
Source : « Rapport de la situation des enfants dans le monde », Unicef 2004

On compte dans le monde plus de deux milliards d’enfants, dont 86% dans les pays en développement. Parmi eux, un milliard (soit un enfant sur deux) vivent dans la pauvreté. La pauvreté des enfants n’est pas seulement une question de revenu des parents : elle doit aussi être évaluée sous forme de graves privations, que ce soit dans le domaine de l’alimentation, de l’école ou de la santé.

Les 90 millions d’enfants souffrant de carences nutritionnelles graves représentent 16% des enfants de moins de 5 ans (seule tranche d’âge étudiée). De même, 13% des enfants âgés de 7 à 18 ans ne sont jamais allés à l’école (16% des filles et 10% des garçons). Plus d’un milliard d’enfants subissent au moins une forme de privation grave, mais environ 70 % d’entre eux en subissent au moins deux : les effets sont très souvent cumulatifs. La vie en milieu rural est elle aussi un facteur aggravant.