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Répartition des niveaux de salaires nets, en euros mensuels
EnsembleHommesFemmes
10 % des salariés gagnent moins de 926 962 878
20% 1 044 1 088 980
30% 1 153 1 204 1 071
40% 1 269 1 327 1 168
50% 1 403 1 468 1 287
60% 1 563 1 641 1 428
70% 1 775 1 882 1 604
80% 2 112 2 271 1 851
90% 2 808 3 087 2 323
Source : Insee première n°939, décembre 2003. Données année 2001 Salariés en temps complet, secteur privé ou parapublic

La moitié des salariés à temps plein touchent un salaire net inférieur à 1400 euros mensuels (9 200 francs) et 90 % moins de 2 800 euros (18 400 francs). Temps partiel et chômage inclus, les revenus moyens des actifs seraient en réalité bien inférieurs. Si l’on prend les 40 % des salariés du milieu de la distribution (au-dessus des 30 % les moyens bien payés et au-dessous des 30 % les mieux payés), on obtient des salaires nets compris entre 1 150 et 1 775 euros (7 500 et 11 600 francs) pour des temps complets. C’est à ce niveau que se situent les véritables "classes moyennes", et non beaucoup plus haut, comme le laissent penser de nombreux commentateurs.

Plus on sélève dans la hiérarchie des salaires, plus l’inégalité entre hommes et femmes est forte : les moins bien payées touchent 90 % du niveau de salaire des hommes, alors que les 10 % les mieux rémunérées n’en perçoivent que 75 %. L’inégalité hommes-femmes serait encore plus forte si on prenait en compte le temps partiel.


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Salaire moyen des femmes à temps plein rapporté à celui des hommes, en %
Année % Année %
1951 64,9 1976 69,1
1952 64,6 1977 70,0
1953 64,6 1978 70,6
1954 66,5 1979 72,0
1955 65,4 1980 72,3
1956 64,3 1981 72,7
1957 63,3 1982 73,1
1958 63,6 1983 73,8
1959 63,4 1984 74,2
1960 64,3 1985 74,3
1961 63,9 1986 74,3
1962 64,4 1987 74,1
1963 64,7 1988 74,5
1964 64,1 1989 74,9
1965 64,1 1990 75,1
1966 64,1 1991 75,4
1967 64,6 1992 76,0
1968 66,3 1993 * 78,4
1969 66,6 1994 80,5
1970 66,7 1995 81,3
1971 66,3 1996 81,0
1972 66,6 1997 81,4
1973 66,4 1998 81,6
1974 67,1 1999 81,7
1975 68,4 2000 81,6
Source : Insee. Attention rupture de série en 1994

En 50 ans, les salaires des femmes ont rattrapé une partie de leur retard sur celui des hommes. En 1950, les femmes percevaient en moyenne les deux-tiers des salaires masculins, en 2000, elles ont dépassé les 80 %.

Au passage, on notera que le processus s’est effectué pour une bonne part en une dizaine d’année, de 1972 à 1993 et qu’il est bloqué depuis le milieu des années 90 (la série connaît une rupture méthodologique en 1994).

Deux grandes raisons expliquent le rattrapage. Tout d’abord, les discriminations purement liées au sexe (difficiles à mesurer) ont diminué : la généralisation du travail salarié des femmes banalise leur emploi, au moins dans certains secteurs (droit, médecine et communication par exemple).

Mais surtout, cette diminution résulte de l’égalisation des scolarités qui conduit à une élévation du niveau de qualification des femmes. A noter : il s’agit de salaires en équivalents temps plein, et donc pas de " véritables " revenus salariaux des femmes. Prendre en compte le temps partiel, beaucoup plus souvent féminin, ferait nettement diminuer ce rapport.

Ensuite, l’ampleur de l’écart reste considérable : faudra-t-il encore attendre 50 ans pour atteindre une réelle parité ? Les femmes demeurent à l’écart des postes de responsabilité les mieux rémunérés, souvent employées pour les qualités qu’on leur reconnaît comme " naturelles " (les relations sociales, la communication, etc.).

En France, l’écart moyen de revenus entre hommes et femmes approche les 40 %. Chez les ouvriers, il est même de 45 %. D’où sortent ces chiffres équivalents au double de l’écart le plus souvent évoqué ? L’Insee ne diffuse que des données pour les emplois à plein temps, qui sont du coup les seules à être utilisées. Comme le montrent ces chiffres, l’écart de taux horaire est bien de 20 % : le reste de la différence s’explique par un moins grand nombre d’heures effectuées par les femmes, qui travaillent plus souvent en temps partiel. A horaires inférieurs, salaires inférieurs : rien ne semble plus logique que de raisonner en temps plein. Au nom de cette logique on en oublie pourtant les salaires mensuels effectivement reçus, quel que soit l’horaire de travail. Plus du quart des emplois féminins en temps partiel sont occupés faute de mieux (temps partiel subi), par des femmes qui souhaiteraient travailler davantage pour améliorer leurs revenus mensuels. Au final, si à temps de travail équivalent l’écart est bien de 20 %, celui-ci est deux fois plus important tous horaires confondus.

Salaires mensuels tous temps de travail confondus selon la catégorie sociale en euros et écart en %
HommesFemmesEcart hommes-femmes en %
Ensemble1 26192037%
Chef d’entreprise2 9931 78268%
Cadres2 6561 88841%
Professions Intermédiaires1 4431 19820%
Employés7897446%
Ouvriers87160344%
Source : Calculs Alternatives Economiques, septembre 2004, d’après Insee Données de 2001, hors fonction publique

Salaires horaires selon la catégorie sociale en euros et écart en %
Hommes FemmesEcart hommes-femmes en %
Ensemble 11,49 9,27 23,9%
Chef d’entreprise 22 14,22 54,7%
Cadres 21,86 17,09 27,9%
Professions Intermédiaires 12,09 10,7 13,0%
Employés 8,31 7,75 7,2%
Ouvriers 8,23 6,96 18,2%
Source : Calculs Alternatives Economiques, septembre 2004, d’après Insee Données de 2001, hors fonction publique

Salaires mensuels pour un plein temps selon la catégorie sociale, en euros et écart en %
Hommes Femmes Ecart hommes-femmes en %
Ensemble1 9051 534 24,2%
Cadres 3 7462 88929,7%
Professions intermédiaires1 9001659 14,5%
Employés1 3281 2347,6%
Ouvriers1 3331 11120,0%
Source : Insee Données 2002, hors fonction publiqueAttention, ce dernier tableau est calculé à partir de bases différentes