Retour au sommaire
Accueil •  L’Observatoire • Nous soutenir • Livres  • Idées  • Liens
Monde / Revenus

  Pib par habitant (dollars) Variation 2000-2001 Indice 100 pour la moyenne mondiale
Monde 5120 - 0,2 100
Pays à haut revenus 26510 0 518
Europe* 20670 0,9 404
Amérique latine et Caraïbes 3580 -1,1 70
Moyen Orient et Afrique du Nord 2220 1 43
Europe de l’Est et Asie centrale 1970 2,3 38
Aise de l’Est et Pacifique 900 1,5 18
Afrique Sub-saharienne 460 0,7 9
Aise du Sud 450 3,1 9
Pays à bas revenus 430 2,8 8
Source : Banque mondiale

Le niveau de vie par habitant des pays à hauts revenus (26 500 dollars par an) est cinq fois plus élevé que la moyenne mondiale (5120 dollars) et 62 fois supérieur aux ressources des habitants des pays les plus pauvres (430 dollars), d’après le rapport sur les indicateurs du développement de la Banque mondiale.

Les pays d’Asie du Sud et d’Europe centrale rattrapent un peu leur retard : en 2001, ils ont enregistré une croissance de 3,1 % et 4,5 % de leur Pib par habitant. Rattrapage qui demeure trop lent : au rythme actuel de croissance, l’Asie du Sud n’atteindrait le niveau de vie mondial moyen d’aujourd’hui que dans 80 ans et celui des pays riches dans 140 ans...

De leur côté, l’Afrique sub-saharienne stagne et l’Amérique Latine recule (-1,1 % en 2001). L’évolution de la conjoncture en 2002 et dans les premiers mois de 2003 ne laisse pas apparaître de retournement substantiel. Conséquence : les inégalités mondiales s’accroissent. Au cours de la décennie 1990, le pourcentage de personnes mal-nourries a augmenté en Afrique sub-saharienne et la part de ceux qui vont à l’école primaire a stagné.

Sans doute, comme l’affirment les experts de la Banque mondiale, l’objectif des nations unies de diviser par deux le nombre de personnes vivant dans la pauvreté « peut » être atteint d’ici 2015 alors que ce chiffre avait stagné au cours des années 90. Mais pour cela, il faudrait d’autres moyens que ceux utilisés actuellement.

Part du revenu des ménages détenu par2003Rappel 1973
Les 20 % les plus pauvres3,44,2
Ménages situés entre les 20 et 40 %8,710,5
Ménages situés entre les 40 et 60 %14,817,1
Ménages situés entre les 60 et 80 %23,424,6
Les 20 % les plus riches49,843,6
Les 5 % les plus riches21,416,6
Rapport entre déciles* 2003 1973
9ème décile/1er décile11,228,84
8è décile/5ème décile2,011,71
Source : Census Bureau

* Un décile est le niveau de revenu le plus élevé d’une tranche de 10 % de population. Le 9e décile est le revenu le plus élevé des 90 % les moins aisés, qui correspond au niveau le plus bas des 10 % les plus aisés...

Part du revenu national détenu parLes 20 % les plus pauvresLes 5 % les plus riches
1967417,5
19684,216,6
19694,116,6
19704,116,6
19714,116,7
19724,117
19734,216,6
19744,415,9
19754,415,9
19764,416
19774,416,1
19784,316,2
19794,216,4
19804,315,8
19814,215,6
19824,116,2
19834,116,4
19844,116,5
1985417
19863,917,5
19873,818,2
19883,818,3
19893,818,9
19903,918,6
19913,818,1
19923,818,6
19933,621
19943,621,2
19953,721
19963,721,4
19973,621,7
19983,621,4
19993,621,5
20003,622,1
20013,522,4
20023,521,7
20033,421,4
Source : Census bureau

Aux Etats-Unis, le progrès ne profite pas à tous de la même façon. Les 20 % des ménages les plus pauvres ne disposent que de 3,4 % de l’ensemble des revenus. Le niveau de revenu du 9ème décile (à partir duquel on entre dans les 10 % les plus riches) est 11,2 fois supérieur à celui des 10 % les plus démunis. En 2003, le niveau de vie des 10 % les plus pauvres a baissé de 3 % une fois l’inflation déduite, quand le revenu des plus riches a continué a progressé.

Outre-Atlantique, la progression des inégalités ne date pas d’hier. En 1967, les 5 % des ménages américains les plus aisés disposaient de 17,5 % du revenu national contre 21,4 % aujourd’hui. Les inégalités ont commencé à s’accroître dès le milieu des années 70. La suite est une lente montée, quasiment sans heurt.

Contrairement au discours le plus courant, les Américains ne sont pas "culturellement" plus favorables aux inégalités. Et ils n’ont pas soudainement changé de mentalité en la matière. Un ensemble de facteurs se sont conjugés pour expliquer ce phénomène : précarité accrue sur le marché du travail, restructurations industrielles massives qui ont affaibli les syndicats, immigration peu qualifiée, montée de l’individualisme et rôle de plus en plus grand joué par le diplôme notamment. La concentration des médias a en même temps amplifié le discours conservateur.