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Français et étrangers / Emploi et chômage

Fonction et entreprises publiques, sociétés privées... au total, environ sept millions d’emplois (soit 30 % de l’ensemble des postes de travail) sont fermés aux étrangers, en particulier pour les non-ressortissants de l’Union européenne. Le coeur de l’interdiction reste les cinq millions d’emplois de la fonction publique : enseignement, hôpitaux, collectivités locales sont (sauf statuts dérogatoires accordés quand le public ne trouve plus à recruter) fermés à ceux qui n’ont pas la nationalité française. Il faut y ajouter environ un million d’emplois dans les entreprises publiques, de la SNCF à la RATP, qui ne s’ouvrent que très lentement.

Le secteur privé demeure moins fermé, mais des notaires aux médecins en passant par les avocats, environ 1,2 million d’emplois restent interdits aux étrangers : la moitié à cause de la nationalité, l’autre parce qu’il faut disposer d’un diplôme français pour y accéder.

Cette interdiction constitue une véritable barrière à l’intégration. Elle a été décrite, pour le privé, dans le rapport Brunhes* sur "les emplois du secteur privé fermés aux étrangers", rendu en 1999. Depuis, rien. Le nouveau "Contrat d’intégration" qui doit se mettre en place ne semble pas prévoir d’élargir les conditions d’accès à l’emploi des étrangers

* Rapport disponible sur le site du Gisti .

Taux de chômage et nationalité
  15-24 ans 25-49 ans 50 ans et + Ensemble
Français 19,9 7,6 5,6 8,3
Etrangers 28,8 18,9 15 18,4
dont Union européenne 8,3 7,6 7 7,4
dont Non UE 36,6 25,1 22,1 25,1
Ensemble 20,2 8,3 6,3 8,9
Source : Insee, enquête emploi 2002
Le chômage frappe beaucoup plus durement les étrangers que les Français : en moyenne, un quart des actifs non-ressortissants de l’Union européenne sont demandeurs d’emploi contre 9 % de l’ensemble de la population active et 8,3 % des Français. Chez les jeunes actifs, le taux de chômage atteint 36 % ! Une partie de cette différence tient au niveau de diplôme : les étrangers sont moins qualifiés en moyenne que les Français (pour certains leurs diplômes ne sont pas reconnus). Mais une partie - qui n’est pas aisée à définir - tient aussi à de la discrimination pure. Les inégalités s’accumulent : il ne fait vraiment pas bon être une jeune femme étrangère sur le marché de l’emploi en France aujourd’hui.