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Catégories sociales /
Education
Taux de pratique de quelques activités culturelles (a pratiqué au moins une fois dans l’année) | | | Lecture de livres | Musée, exposition ou monument historique | Théâtre ou concert | | Ensemble | 58 | 45 | 29 | | Agriculteur exploitant | 31 | 24 | 12 | | Artisan, commerçant, chef d’entreprise | 50 | 41 | 24 | | Cadre et profession libérale | 84 | 76 | 60 | | Profession intermédiaire | 73 | 61 | 41 | | Employé | 64 | 44 | 25 | | Ouvrier | 33 | 27 | 14 | | Etudiant | 80 | 53 | 44 | | Chômeur et inactif | 37 | 29 | 16 | | Niveau de vie | | 1er quartile | 46 | 29 | 16 | | 2eme quartile | 50 | 37 | 22 | | 3eme quartile | 61 | 48 | 32 | | 4eme quartile | 76 | 68 | 49 | | Diplôme | | Sans diplôme | 31 | 23 | 12 | | CEP | 46 | 31 | 17 | | CAP BEP | 45 | 39 | 18 | | BEPC | 68 | 48 | 30 | | Bac | 73 | 57 | 41 | | Supérieur | 85 | 72 | 57 | | Insee, données 2000 |
Les pratiques culturelles (livre, cinéma, musée, théâtre, etc.) se sont diffusées au cours des trente dernières années, notamment parce que l’élévation du niveau de diplôme et des niveaux de vie se conjugue avec la croissance de l’offre (bibliothèques, patrimoine culturel, expositions notamment).
De fortes disparités persistent pourtant, d’abord liées au niveau de diplôme : en 2000, 17 % de ceux qui ont au mieux le certificat d’étude sont allés au théâtre ou au concert au moins une fois dans l’année, contre 57 % de ceux qui ont un diplôme supérieur au bac. Un tiers des ouvriers avaient lu au moins un livre et 14 % sont allés au moins une fois au théâtre ou au concert, contre respectivement 84 % et 60 % pour les cadres supérieurs. Et encore les données disponibles restent trop générales : sous le mot « livre », on range aussi bien la dernière bande dessinée d’Astérix qu’un manuel de macroéconomie… Pour la majorité des catégories populaires et moyennes, la principale pratique culturelle et de loisir demeure la télévision
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| Taux d’accès à la formation continue | | Selon le niveau d’étude | | | Taux d’accès | Part dans la population | | Bac + 3 et plus | 51,3 % | 9,6 % | | Bac + 2 | 46,8 % | 10,9 % | | Bac | 36,8 % | 13,2 % | | CAP, BEP | 25 % | 28,6 % | | BEPC | 25,9 % | 7,2 % | | Certificat d’étude ou aucun diplôme | 12,9 % | 30,3 % | | Non réponse | 19,3 % | Ns | | Ensemble | 27,8 % | 100 % | | Selon les catégories socio-professionnelles | | | | | Taux d’accès | Part dans la population | | Agriculteurs exploitants | 12,4 % | 2,8 % | | Artisans, commerçants, chefs d’entr. | 16,3 % | 6,8 % | | Cadres, prof. intel. supérieures | 53,8 % | 12,5 % | | Professions intermédiaires | 48,8 % | 21,1 % | | Employés | 32,3 % | 28,9 % | | Ouvriers | 21,3 % | 27,5 % | | Total | 33,8 % | 100 % | | Source : Céreq, période janvier 1999 à février 2000 |
L’idée d’une « seconde chance » n’a pas fait son chemin dans un pays où le diplôme initial joue un rôle central dans la détermination des positions sociales des individus. Tout se passe comme si les catégories les plus diplômées avaient mis en place une sorte de « protectionnisme » de leurs titres scolaires. Celui-ci est renforcé par des parcours de formation qui accroissent les inégalités : la France est l’un des pays d’Europe où la formation continue est la moins développée, mais aussi où la formation profite le plus aux plus formés...
Le taux d’accès est croissant avec le niveau de diplôme : seuls 13 % de ceux qui n’avaient aucun diplôme ou au mieux le certificat d’étude primaire (30 % de la population étudiée) ont eu accès à la formation en 2000, contre 51 % des bac + 3 (9,6 % de la population étudiée). Ce à quoi il faudrait ajouter les différences entre les types de formation suivis : l’« accès » à la formation ne renseigne pas sur les modalités et la longueur des enseignements.
L’accès à la formation demeure très différencié suivant les catégories sociales. Plus de la moitié des cadres supérieurs y ont eu accès en 2000, contre un cinquième des ouvriers et un employé sur trois. Ce qui signifie qu’au fil de leur vie active, au lieu de se rapprocher, les catégories sociales, en matière de qualifications, s’éloignent.
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| Origine par catégories socio-professionnelle des étudiants dans les universités, en %, année 2001-2002 | | | Nombre | % | | Agriculteurs exploitants | 24 789 | 2,0% | | Artisans, commerçants, chefs d’entreprises | 83 535 | 6,8% | | Cadres supérieurs | 399 846 | 32,7% | | Professions intermédiaires | 199 897 | 16,3% | | Employés | 154 866 | 12,7% | | Ouvriers | 132 656 | 10,8% | | Retraités | 59 613 | 4,9% | | Autres sans activités professionnelle | 68 488 | 5,6% | | Indéterminés | 99 992 | 8,2% | | Total | 1 223 682 | 100,0% |
On les dit « démocratisées », elles sont loin de l’être tant que cela : les universités françaises n’accueillent qu’une petite minorité des enfants d’employés et d’ouvriers. Ces deux catégories constituent moins du quart des étudiants, et sont surtout représentées dans les premiers cycles et les enseignements généraux. En 3ème cycle, la proportion tombe à un huitième (12 %)... Alors qu’au sein de la population active on compte 60 % d’ouvriers ou d’employés.
L’université française (et en particulier les 3e cycles) demeure une université d’enfants de cadres, son ouverture n’est que très très incomplète.
Ministres, enseignants, syndicats étudiants : personne ne semble se soucier sérieusement de ce phénomène, au sein des filières d’élite (les « grandes » écoles) où l’inégalité est encore plus massive, mais aussi dans les université, haut-lieu de revendications s’il en est. On est pourtant là au coeur de l’inégalité du système social français et de la distinction sociale
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A 18 ans, près d’un jeune sur cinq a déjà arrêté ses études. Près de trois enfants d’ouvriers sur 10 contre 5 % des enfants de cadres ont arrêté leurs études. A l’inverse, 45 % des enfants de cadres sont soit à l’université, soit en classes préparatoires… Les enfants d’ouvriers et d’employés, qui constituent 60 % des actifs, ne sont que 22 % des étudiants à l’université à 18 ans, et encore moins plus tard.
| La scolarisation des jeunes à 18 ans en % en 2002 | | | Agriculteurs, artisans | Cadres | Professions intermédiaires | Employés | Ouvriers | Ensemble | | Ont arrêté leurs études | 16 | 5 | 11 | 23 | 28 | 19 | | Collège, enseignement spécialisé, CAP, BEP, apprentissage | 13 | 4 | 11 | 18 | 22 | 16 | | 2de et 1ère | 9 | 7 | 11 | 11 | 10 | 10 | | Terminale | 28 | 24 | 26 | 24 | 23 | 24 | | IUT, STS, diplômes de la santé et du secteur social | 16 | 15 | 16 | 10 | 8 | 12 | | Université et classes prépas | 19 | 45 | 25 | 13 | 9 | 19 | Total (différent de 100 en raison des arrondis) | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 |
Source : Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale.
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Un quart des détenus a quitté l’école avant d’avoir 16 ans, trois quarts avant 18 ans. Les indicateurs socio-démographiques (profession, âge de fin d’études) indiquent une sur-représentation des catégories sociales les plus démunies en prison.
La probabilité d’être incarcéré diminue très nettement avec la longueur des études poursuivies : elle est dix fois plus faible pour les hommes ayant terminé leurs études après 25 ans que pour ceux qui les ont interrompues avant 18 ans. Parmi les hommes incarcérés de moins de trente ans, la moitié a fini ses études avant 18 ans, soit trois ans plus tôt que pour la population générale.
| Age de fin d’études | Répartition de la population en prison (%) | Population (%) | | moins de 16 ans | 27,7 | 24,5 | | 16 à 17 ans | 44,3 | 24,6 | | 18 à 19 ans | 18,2 | 19,1 | | 20 à 24 ans | 8,3 | 25,7 | | 25 ans et plus | 1,5 | 6,1 | | Total | 100 | 100 | | Enquête INSEE 2000 |
Logiquement, les professions intermédiaires et les cadres supérieurs sont nettement moins représentés en prison, à l’inverse des ouvriers et des artisans et commerçants. Les agriculteurs sont très peu nombreux en prison : 1 % (tableau) contre près de 5 % dans la population ; à âge égal, leur risque d’être incarcéré, proche de celui des cadres supérieurs, est six fois plus faible que pour les artisans.
| Catégorie socio-professionnelle | Répartition de la population en prison (%) | Population (%) | | Artisans, commerçants | 10,9 | 7,9 | | Ouvriers | 49,8 | 36,4 | | Employés | 11,8 | 11,3 | | Professions intermédiaires | 9,6 | 17,8 | | Agriculteurs | 0,9 | 4,4 | | Cadres supérieurs | 3,3 | 13,2 | | Sans profession | 13,7 | 9,0 | | Total | 100 | 100 | | Enquête INSEE 2000 |
Enquête INSEE sur l’histoire familiale d’un échantillon de 1 700 détenus menée dans le cadre du recensement de la population.
Source : Ministère de la Justice
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| Niveau scolaire en 6e, score sur 100 | | Catégorie sociale | Français | Mathématiques | | Cadres et professions libérales | 75,2 | 72,4 | | Professions intermédiaires | 69,2 | 66,7 | | Employés | 65,6 | 61,7 | | Artisans, commerçants | 67,2 | 65 | | Agriculteurs exploitants | 60,6 | 69,1 | | Ouvriers | 60,6 | 56 | | Inactifs, autres | 57,3 | 53,7 | | Source : ministère de l’éducation nationale, données de l’évaluation réalisée en septembre 2003 |
Vers l’âge de 11 ans, en 6ème, les écarts sont déjà considérables entre catégories sociales : 14,6 points sur 100 entre les ouvriers et les cadres en français, 16,4 points en mathématiques. L’inégalité entre milieux sociaux se construit dès la maternelle et s’accroît par la suite. L’"élitisme républicain" à la française profite en réalité aux catégories les plus favorisées, et le système scolaire donne rarement aux élèves en difficulté les moyens de rattraper leur retard. En outre, comme pour les inégalités entre filles et garçons, l’orientation, au lieu de réduire les écarts, tend - à niveau scolaire comparable - à diriger les enfants des catégories du haut de l’échelle sociale vers les filières plus prestigieuses.
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