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Catégories sociales / Emploi et chômage

Taux d’accès à la formation continue
Selon le niveau d’étude
Taux d’accèsPart dans la population
Bac + 3 et plus 51,3 %9,6 %
Bac + 2 46,8 % 10,9 %
Bac 36,8 % 13,2 %
CAP, BEP 25 %28,6 %
BEPC 25,9 % 7,2 %
Certificat d’étude ou aucun diplôme12,9 % 30,3 %
Non réponse 19,3 % Ns
Ensemble 27,8 % 100 %
Selon les catégories socio-professionnelles
Taux d’accèsPart dans la population
Agriculteurs exploitants12,4 %2,8 %
Artisans, commerçants, chefs d’entr.16,3 %6,8 %
Cadres, prof. intel. supérieures53,8 % 12,5 %
Professions intermédiaires 48,8 % 21,1 %
Employés 32,3 % 28,9 %
Ouvriers 21,3 % 27,5 %
Total33,8 % 100 %
Source : Céreq, période janvier 1999 à février 2000

L’idée d’une « seconde chance » n’a pas fait son chemin dans un pays où le diplôme initial joue un rôle central dans la détermination des positions sociales des individus. Tout se passe comme si les catégories les plus diplômées avaient mis en place une sorte de « protectionnisme » de leurs titres scolaires. Celui-ci est renforcé par des parcours de formation qui accroissent les inégalités : la France est l’un des pays d’Europe où la formation continue est la moins développée, mais aussi où la formation profite le plus aux plus formés...

Le taux d’accès est croissant avec le niveau de diplôme : seuls 13 % de ceux qui n’avaient aucun diplôme ou au mieux le certificat d’étude primaire (30 % de la population étudiée) ont eu accès à la formation en 2000, contre 51 % des bac + 3 (9,6 % de la population étudiée). Ce à quoi il faudrait ajouter les différences entre les types de formation suivis : l’« accès » à la formation ne renseigne pas sur les modalités et la longueur des enseignements.

L’accès à la formation demeure très différencié suivant les catégories sociales. Plus de la moitié des cadres supérieurs y ont eu accès en 2000, contre un cinquième des ouvriers et un employé sur trois. Ce qui signifie qu’au fil de leur vie active, au lieu de se rapprocher, les catégories sociales, en matière de qualifications, s’éloignent.

Catégories sociales
Cadres,
professions intellectuelles supérieures
3,8
Prof. intermédiaires 5,4
Employés 10,5
Ouvriers 11,4
Source : Insee, enquête emploi 2002.

Le taux de chômage des catégories sociales suit logiquement leur niveau de diplôme. Tous les milieux sociaux ne subissent pas de la même façon les conséquences du manque de création d’emplois. Les cadres et professions intermédiaires sont quasiment au plein emploi alors que le taux de chômage des ouvriers et employés est deux fois plus important. Dans ce contexte, le taux de chômage moyen n’a qu’une portée limitée...

La couverture complémentaire
Catégorie
socioprofessionnelle
Contrat collectif d’entreprise Autre couverture,
individuelle ou par conjoint
Pas de contrat
Ouvriers 50 40 10
Employés 49 46 5
Cadres moyens 65 31 4
Cadres supérieurs 77 18 5
Taille de l’entreprise
Moins de 20 33 56 11
20 à 99 54 40 6
100 à 499 66 30 4
500 et plus 80 16 4
Source : Crédoc, 2003

La quasi-totalité de la population est affiliée à la Sécurité sociale, qui prend en charge la base des frais de santé. Mais la couverture maladie complémentaire (appelée plus souvent « mutuelle ») est beaucoup plus inégalement répartie. Les données du Crédoc montrent les disparités existant suivant la taille de l’entreprise (11 % de personnes non couvertes dans les plus petites sociétés) et les catégories sociales (un ouvrier sur dix n’a pas de mutuelle).

Parmi ceux qui disposent d’une couverture complémentaire, les inégalités sont fortes entre les contrats des plus grandes sociétés privées ou publiques, qui prennent en charge une partie importante du coût, et les contrats pris à titre individuel, onéreux et qui n’offrent qu’un complément réduit au remboursement de la Sécurité sociale pour les soins les plus coûteux (optique, prothèses dentaires, etc.).

Actifs occupés selon le sexe et la catégorie socioprofessionnelle,
en milliers et en %, 2002
Femmes Hommes Part des femmes en % % de la population féminine occupée
Agriculteurs 206 431 32,4 1,9
Artisans 159 524 23,3 1,5
Commerçants et assimilés 243 376 39,2 2,2
Chefs d’entreprises de 10 salariés ou plus 18 103 14,5 0,2
Professions libérales 117 194 37,6 1,1
Cadres de la Fonction publique 122 218 35,9 1,1
Professeurs, professions scientifiques 435 347 55,6 4,0
Professions de l’information des arts et spectacles 92 116 44,4 0,9
Cadres administratifs et commerciaux d’entreprise 380 623 37,9 3,5
Ingénieurs, cadres techniques d’entreprises 136 737 15,6 1,3
Instituteurs et assimilés 509 281 64,4 4,7
Professions intermédiaires de la santé et travail social 791 234 77,2 7,3
Clergé 2 12 11,5 0,0
Professions intermédiaires administratives de la Fonction publique 208 191 52,2 1,9
Professions intermédiaires administratives et commerciales d’entreprises 721 698 50,8 6,6
Techniciens 134 834 13,8 1,2
Contremaîtres, agents de maîtrise 51 484 9,6 0,5
Employés civils, agents de services de la Fonction publique 1558 449 77,6 14,4
Policiers et militaires 54 438 11,0 0,5
Employés administratifs d’entreprise 1712 409 80,7 15,8
Employés de commerce 678 240 73,8 6,3
Personnel de services directs aux particuliers 1295 178 87,9 11,9
Ouvriers qualités de type industriel 236 1296 15,4 2,2
Ouvriers qualités de type artisanal 130 1367 8,7 1,2
Chauffeurs 31 557 5,3 0,3
Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 35 396 8,2 0,3
Ouvriers non qualifiés de type industriel 434 750 36,7 4,0
Ouvriers non qualifiés de type artisanal 287 446 39,1 2,6
Ouvriers agricoles 63 173 26,7 0,6
Militaires du contingent 2 0,0 0,0
Ensemble 10838 13103 45,3 100,0
Source : Insee, enquête emploi 2002
Les femmes exercent de plus en plus souvent des emplois rémunérés, mais ni dans les mêmes secteurs que les hommes, ni aux mêmes postes. Un blocage de la société empêche une réelle parité, impliquant une représentation égale d’hommes et de femmes dans tous les métiers et secteurs. Au contraire, le marché du travail s’est organisé, et continue de fonctionner sur un mode séparatiste, entérinant le modèle « traditionnel » de qualités « typiquement » ou « naturellement » féminines d’une part et de la soumission à l’autorité masculine d’autre part.

L’activité des femmes est inégalement répartie selon les catégories socioprofessionnelles. Sur-représentées dans les professions incarnant les « vertus féminines » (communication et don aux autres) et de niveau hiérarchique limité : services aux particuliers, employées, professions intermédiaires de la santé et du travail social, instituteur/trices et professeur(e)s. Elles sont par contre toujours peu nombreuses dans les professions incarnant les « vertus viriles » (force et technicité) ou hiérarchiquement élevées : ouvrier(e)s qualifié(e)s, chauffeur(e)s, policier(e)s, militaires, chefs d’entreprise, ingénieurs et cadres techniques d’entreprise.

De même, la présence de femmes varie selon les secteurs d’activité : largement majoritaires, à 71,8%, dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale, et dans une moindre mesure dans les activités financières, immobilières, les services ou l’administration, elles se raréfient dans les industries, l’énergie ou les transports et ne sont plus que 9,7% dans la construction

Profession Victimes de dépression
Cadres supérieurs et professions intellectuelles supérieures 10,8%
Agriculteur s 11,7%
Artisans-commerçants 12,1%
Professions intermédiaires 13,7%
Ouvriers 14,7%
Employés 20,9%
Actifs 13,1%
Chômeurs 24,2%
Source : CREDES, données 1996-1997

Un quart des chômeurs étaient victimes d’une dépression contre 13 % des actifs, selon une enquête 1996-1997 du Credes : pour partie, cette inégalité reflète la forte marque qu’imprime la perte d’emploi sur la personnalité, notamment pour les personnes les plus fragiles psychologiquement. Contrairement à une idée reçue, la dépression n’est pas une affection de cadres surmenés : elle touche davantage les employés et les ouvriers. Un cinquième des employés étaient victimes d’une dépression lors de l’enquête 1996-1997, contre un peu moins de 11 % des cadres supérieurs. Mais cette différence est en partie due à une inégalité hommes-femmes : la catégorie "employé" est en réalité pour une grande majorité composée de femmes. Reste que le taux est aussi très supérieur chez les ouvriers (14,7 %). Une partie de l’explication peut venir d’une précarité plus grande et de conditions de travail plus difficiles.